jeudi 6 septembre 2012

L'éducation au Maroc: Une véritable hécatombe certes, mais pas une fatalité... Plaidoyer pour une révolution de l'éducation


1. Au commencement...
Une très récente enquête de l'institut AVERTY qui est en voie de publication est formelle: une écrasante majorité de marocains estime que le système éducatif est très insatisfaisant. La copie doit être revue et corrigée!
Après les marches et diverses protestations, que je salue au passage, des étudiants de toutes les contrées du Maroc, nous commençons à sentir un désir de changement et un consensus national sur la question.

L'élément déclencheur de cette vague de protestation, rappelons-le, est l'inflation sans précédent des niveaux des seuils d'admission au sein des écoles supérieures qui dépendent du ministère de l'éducation (et donc gratuites, détail d'importance majeure). En effet, ce n'est pas un problème d'offre globale vu que certaines écoles privées tournent à 50% de leur capacités voire moins, mais plus un problème de revenus et d'offre éducative gratuite. Les personnes qui ont les capacités financières de s'inscrire dans les écoles privées sont une minorité qui n'est pas vraiment concernée par cette crise. La deuxième minorité dont il faut parler est celle qui envoie carrément ses étudiants à l'étranger afin de poursuivre leur cursus scolaire, et qui est encore moins concernée par cette vague.
Nous savons bien qui tient les rennes de ce pays. La majorité des ministres des anciens gouvernements et des grands hommes d'affaires envoient leur progéniture à l'étranger car ils ont eux-mêmes étudié à l'étranger. Cette progéniture est destinée à devenir ''l'élite et les décideurs du futur'', et le cercle (vicieux pour certains, vertueux pour d'autres) se maintient.
Le principal problème de cet état de fait est que la méritocratie prend du plomb dans l'aile. L’ascenseur social qui est supposé être incarné par l'éducation est en panne, comme disait l'autre. Peut-être faut-il prendre l'escalier? Sauf qu'arrivés à ce stade, certains perdent confiance et se destinent à des fins bien tristes, et cela va de la délinquance pour les hommes, aux voyages à Dubaï, Qatar et autres industries de la prostitution bien payée pour les filles. Pourquoi? Tout simplement parce que l'une des tares de notre système éducatif est de ne pas construire la civilité, la citoyenneté et le sens de l'éthique et des valeurs chez ces jeunes. La seule valeur c'est l'argent et la frime...Que Dieu les préserve. Enfin...
Ces élèves issus des classes populaires et qui ont pourtant d'excellents résultats ont fait ce qu'il fallait: décrocher des moyennes avoisinant les 17/20, et pourtant certains d'entre eux n'ont pas pu accéder à l'école de leur choix, la où le choix manque justement, comme par exemple l'école d'architecture.
Il ne faut pas en vouloir aux seuils; pour un nombre de places limité avec un nombre de candidats toujours en croissance, il est tout à fait raisonnable d'augmenter les seuils. Non le problème des seuils n'est que l'arbre qui cache la forêt. En fait l'état marocain a été dans l'incapacité la plus totale à suivre le changement démographique de ce siècle afin d'augmenter les places disponibles proportionnellement à l'accroissement de la population...
Il faut plus d'écoles, plus d'universités et plus de choix.


2. Des réactions, plutôt timides:
Cette question semble maintenant faire l'objet d'un consensus, même si les moyens pour y parvenir font l'objet de divergences. Le ministre de l'enseignement supérieur et de la formation des cadres a récemment signé un ensemble de partenariats avec des écoles étrangères afin qu'ils s'installent au Maroc (France, Espagne, Russie...). Nous devons saluer la rapidité et la réactivité de M Daoudi qui se doit de faire face à un état de fait: l'Etat est endetté et ne peut construire à lui seul ce nombre important d'instituts. Mais il faut rester vigilant sur les engagements et les cahiers des charges de ces instituts. L'autre question est de savoir si l'Etat marocain manque vraiment de moyens ou s'il y a simplement la main-mise d'une classe de la population sur les richesses du pays? Ceci est un autre débat.
Quant à la question de faire contribuer les élèves des classes aisées aux frais de fonctionnement des facultés, c'est une question d'une extrême sensibilité et pour laquelle nous pouvons émettre de sérieuses réserves. D'autres budgets de l'Etat sont très gourmands en ressources et ont des répercussions très faibles (TGV, Mawazine, Armée...et j'en passe et des meilleures). La culture de l'éducation doit dominer chez les dirigeants qui veulent réussir le pari du futur. Il n'y a aucun priorité qui doit précéder l'éducation, au risque de compromettre le futur...mais quelle éducation?


3. Certaines réactions inappropriées:
Autant dire que cela nous ramène dans le giron d'un autre ministre, celui de l'éducation nationale. Ses récentes sorties médiatiques et ses décisions de supprimer les cours du Mercredi après-midi et du Samedi, ou encore sa décision d'interdire aux professeurs du Public de donner des heures de cours supplémentaires via des écoles privées me semblent des réponses peu convaincantes. Tout d'abord, étant un intervenant du secteur de l'éducation privée je peux vous assurer que cette seconde décision ne fera que ramener la situation en arrière et promouvoir les cours dispensés dans le secteur informel. En effet, l'Etat a peu de moyens de découvrir un cours qui est dispensé par un professeur du public a un élève vu qu'il n'y a pas de documents formels qui l'attestent. La France a fait le choix de formaliser le secteur des heures supplémentaires par l'excellent choix du chèque emploi services et les subventions accordées aux parents qui souhaitent faire ce choix des cours particuliers à domicile.
En effet, c'est une réponse populiste et dépassée que celle de prétendre vouloir éradiquer les heures supplémentaires. Ce secteur existera tant que les parents chercheront l'excellence pour leur enfants, et tant que certains enfants seront en difficulté par rapport à d'autres...vouloir tout uniformiser nous renverrait un siècle en arrière aux plus sombres heures de l'histoire des états communistes. L'Etat ferait mieux de benchmarker les meilleures pratiques et s'en inspirer plutôt que faire du colmatage de brèches.



4. Pour un vrai changement, structurel:
L'Education au Maroc a besoin d'une véritable révolution. Notre système éducatif est selon les rapports de l'UNESCO l'un des pires au monde...quelle honte. Comment voulons-nous être à jour au niveau de la recherche, du développement, de la croissance, de la technologie alors que nous sommes les derniers dans l'éducation...c'est tout simplement intenable. Toutes les stratégies de redressement sectoriels buteront sur le principal obstacle qui se présentera et qui est la première source de valeur ajoutée des pays avancés: le capital humain. C'est bien les plans ''émergence'', les plans ''rawaj'' et ''Maroc vert'', l'off shoring, les politiques publiques de mise à niveau de la santé, de lutte contre la pauvreté, contre la corruption de la justice et des fonctionnaires...mais tout cela restera vain tant que les mentalités de ces employés, de ces fonctionnaires ne changeront pas.
Tant que ces fonctionnaires de la justice ne verront que l'impact micro des bakchiches qu'ils reçoivent et de l'état d'avancement de leur nouvelle villa, tant que le fonctionnaire de la commune persistera à donner la priorité à ceux qui avancent les plus grands pots-de vin pour leurs papier (auxquels ils ont à la base droit) sans penser que cela à un impact, tant que le policier pensera plus à ses 50Dhs reçu du chauffeur de l'autocar plutôt qu'à la mort de la soixantaine de passager qu'il aura sur la conscience...tant que la mentalité de ces personnes ne changera pas, tant qu'ils ne verront pas la portée de ce qu'ils font, tant que les prochaines générations s'inspireront des précédentes et répéteront leurs échecs...tant que ceci durera, nous aurons besoin de notre révolution éducative au risque de rester spectateurs du développement des plus grands de cette planète.

Le ministre a avoué que le programme d'urgence est un échec. A la base, la réforme de l'éducation ne se fait pas dans l'urgence et quelle bêtise de penser que c'est possible. Au même titre que ce fut une bêtise de penser qu'agir sur les composantes de l'IDH avec l'INDH pour améliorer artificiellement  notre classement est possible. Au final, ils ne vont pas arnaquer les diplomates de l'ONU, non, c'est le peuple qui paie les pots cassés, et lui seul. Eux ils ont des doubles nationalités, des visas et des résidences secondaires. L’idéal serait que les politiciens ne se mêlent plus de l'éducation car c'en est trop. On ne peut pas construire un programme éducatif d'une génération entière en faisant des changements tous les 5 ans et en attendant un impact immédiat qui vous fera gagner les prochaines élections. Les politiciens ne sont pas encore assez matures pour penser au bien être général et de long terme avant leur carrière personnelle et leurs résultats sur le court terme.
Le ministère de l'Education doit être géré de l'une des deux façons suivantes:
  1. Soit par un homme digne de confiance qui a l'expertise et la crédibilité nécessaire pour mener à bien un plan de réforme global sur  les 10 ou 20 prochaines années à venir, avec des objectifs précis et pré-établis mesurables chaque année, ce qui permettrait de mesurer son efficacité et le virer au besoin.
  2. Soit par les politiciens si l'on n'a pas d'autre choix, mais dont la marge de manoeuvre serait réduite par la mise en place d'une charte nationale pour la réforme de l'éducation qui déterminerait les lignes directrices que devrait suivre la politique de l'éducation nationale et les objectifs précis à atteindre. Cette charte serait élaborée par les experts de la société civile.

Les générations à venir sont trop importante pour laisser leur avenir suspendu aux valses des politiciens, pendulant d'un ministre à l'autre.

Le Maroc est en retard. Quand on est en retard, il faut prendre le chemin le plus court. Lavoisier disait ''les mêmes causes entraînent les mêmes effets'', j'ai envie de dire ''les mêmes profs entraînent les mêmes résultats''...voyez-vous ou je veux en venir? Non ce n'est pas ce que vous pensez. Nos professeur ont généralement un background solide dans leurs spécialités respectives. Néanmoins, la pédagogie, la méthodologie, l'ingénierie pédagogique, la structuration des programmes scolaires, la modélisation des filières d'études et le cadre général de travail ne leur permet pas de donner le meilleur d'eux-mêmes. Les professeurs sont très faibles en recherche et ne suivent pas l'actualité de l'innovation en matière de pédagogie. Ils peuvent êtres formés. De nombreuses études ont montré que l'on peut faire de bons profs avec de mauvais

Le chemin le plus court est alors de voir ce qui se fait de mieux ailleurs. Nos professeurs doivent êtres formés, à l'étranger si nécessaire, et si c'est trop cher il faut amener des experts étrangers leur dispenser des formations sur ce qui se fait de mieux pour changer les mentalités de l'enfant et l'accompagner au mieux dans son épanouissement éducatif. ''La fondation Gates et d’autres investissent beaucoup pour trouver le secret pour doper l’efficacité des profs, et tout porte à croire qu’elles pourraient y parvenir. Elles s’appuient sur des exemples de réussite, comme les écoles alternatives (les «écoles charters» de la Harlem Children’s Zone et du Knowledge is Power Program (le programme «savoir c’est pouvoir»), qui parviennent à améliorer sans cesse les résultats de leurs élèves, qui sont admis par tirage au sort. Dans le même temps, les gourous de la pédagogie, comme Norm Atkins, ont mis sur pied des programmes de formation censés pouvoir rendre n’importe quel prof meilleur.'' (voir source)
Montaigne disait qu'une ''tête bien faite est préférable à une tête bien pleine'', il a tellement raison. Notre système éducatif souffre d'une chose dont il est souvent tabou de parler: le suivisme du modèle français et notre idéalisation de l'éducation francophone ainsi que de la ''mission'' française''. Il est désormais un fait avéré que le système éducatif français pointe en bas des classements européens en termes de performance. Il est lui même dirigé par cette mentalité dépassée de bourrage de crâne d'informations inutiles dont la paroxysme et l'illustration la plus caricaturale se manifeste par les inutiles ''classes préparatoires'' aux ''grandes'' écoles...que de termes inappropriés. La seule classe préparatoire que l'on passe est celle du CP quand on a 6 ans. J'ai fais la mission française, les ''classes préparatoires'' puis les ''grandes écoles parisiennes'' et je peux vous assurer que des profils internationaux venant de divers continents, qui ne connaissent rien au système ''franco-français'' des classes préparatoires, font preuve de compétences qui dépassent souvent celles de ''préparationnaires'' qui ont été souvent coachés par des tortionnaires.
Cessons ce suivisme inutile, l'humain n'est pas une machine à ingurgiter puis régurgiter l'information en la vomissant de la manière la plus classe possible. Il est plus que ça, il vaut plus que ça.

Prenons l'exemple sur le modèle Australien ou scandinave. Ce dernier insiste tant sur l'épanouissement de l'enfant, sur la pédagogie active et participative, sur l'égalité des filières et la non discrimination à partir des résultats scolaires. Ce système produit des générations de dirigeants qui ne sont pas corrompus, qui ne sont pas fascinés par les richesses et les palais, qui vont chercher eux-mêmes leurs enfants de l'école, sans chauffeur et sans garde du corps, et surtout sans complexes! Bref, des système avec une gouvernance efficace, et les statistiques ont prouvé que la croissance économique est positivement corrélée à la bonne gouvernance. Il n'est même plus besoin de statistiques ici, le bon sens suffit.


5. Notre crise de l'éducation n'est pas une fatalité, des solutions existent:
Pour l'avenir, il est nécessaire de revoir notre copie et conception de l'éducation, d'abolir les anciennes pratiques, de former les enseignants. En effet, le cadre de travail existe, il y a bien pire que le Maroc en termes du nombre d'élèves par enseignant et de l'infrastructure, mais c'est au niveau de la mentalité et de la formation des professeurs que le bas blesse. L'innovation, l'épanouissement de l'enfant, la recherche post-doctorale, la curiosité, la méthodologie l'ingénierie pédagogique, les objectifs à long terme sont nombreux et requièrent une attention toute particulière. Voici quelques recommandations inspirées des meilleures pratiques du nord, et que ne feraient que du bien à notre système poussiéreux:
  1. Donner une plus grande marge de manoeuvre aux directeurs des écoles et les mesurer sur des objectifs
  2. Chaque école choisit ses professeurs et disparition du système d'affectations (d'où une plus grande compétition entre les professeurs dans leur auto-formation)
  3. Pousser bien plus loin la communication et la collaboration Parents-Ecole-Enseignants
  4. Réduire les vacances d'été
  5. Obliger les professeurs à expliquer à leurs élèves les notes qu'ils leurs donnent (des études montrent que les élèves progressent grâce à cela*)
  6. Valoriser le travail manuel et l'autonomie dès le jeune âge (artisanat, menuiserie, cuisine et autres ateliers)
  7. Donner plus de priorité à la pédagogie active, par la mise en situation plutôt que le savoir théorique
  8. Former avant tout des élèves-citoyens conscients et responsables et pas des réceptacles à information inutile
  9. Les enseignants deviennent employés des communes et pas du ministère
  10. Gratuité des repas scolaires pour plus d'équité
  11. Création de garderies et d'espaces périoscolaires qui permettent l'accueil des enfants qui souhaitent ou doivent rester plus longtemps à l'école
  12. Rentabiliser les infrastructures existantes en louant les espaces inutiles en dehors des horaires scolaires et en périodes de vacances
  13. Au primaire, il faut encourager la collaboration et la solidarité entre enfants et pas la compétition en n'attribuant que des notes Bien et Très bien
  14. Former sérieusement les professeurs à l'aide d'experts nationaux et étrangers
  15. En finir avec la mentalité qui veut qu'un professeur ou un fonctionnaire inefficace ne peut pas être licencié même s'il ne fait pas d'efforts pour s'améliorer. C'est l'avenir de générations entières qui est en jeu

Sans cela, nous resterons la partie du monde qui ne dispose d'aucune université classée dans le TOP 100 de Shanghai. Le Monde arabe et le Maroc en particulier doit prendre les défis de cette nouvelle décennie à bras le corps et mener à bien des politiques qui ne donneront de résultats que dans les 20 prochaines années, et ceci, il faut le comprendre, l'accepter et le mettre en place.




------------------------------------------------------------------------------------------
Notes:
*Valerie Purdie-Vaughns et ses collègues de l'université de Columbia sont partis de l’hypothèse que pour être le plus efficace possible, la critique doit montrer à l’élève que le niveau d’attente est élevé, mais en même temps lui faire comprendre qu’il est capable de faire de grandes choses. Par une série d’expérimentations en double-aveugle, les chercheurs ont testé leurs théories dans des collèges et des lycées, pour vérifier l’effet de cette «critique raisonnable» sur les efforts et les résultats des élèves.
Dans l’un des tests, ils ont par exemple simplement ajouté la phrase suivante aux commentaires du prof sur la copie:
«Je te fais ces observations parce que j’attends beaucoup de toi et je sais que tu peux y arriver.»
Parmi les élèves noirs qui ont reçu ce commentaire, 64% ont été incités à revoir leur copie. Contre seulement 27% chez les élèves ayant eu sur leur feuille un simple:
«Je te fais ces observations pour que tu comprennes ta note.»
Et les élèves qui ont bénéficié de la «critique raisonnable» ont aussi fini avec de meilleures notes. En s’appuyant sur les résultats d’une autre expérimentation, les chercheurs suggèrent que le simple fait d’expliquer aux élèves issus des minorités que les remarques des professeurs ne doivent pas être perçues comme des critiques mais comme un encouragement à faire mieux peut permettre de réduire les écarts de réussite entre les noirs et les blancs.

Une deuxième étude publiée fin juillet par le Bureau national de la recherche économique utilise les instruments de la psychologie sociale pour motiver les professeurs plutôt que les élèves. Les chercheurs (parmi eux Roland Fryer de l’étude sur la Harlem Children’s Zone) ont expérimenté les primes sur des enseignants d’une série d’écoles.


Renverser la logique de la prime:

Dans le passé, les efforts menés pour mieux payer les professeurs dans le but d’améliorer le niveau des élèves n’ont pas vraiment porté leurs fruits. Roland Fryer et ses collègues ont quelque peu modifié l’approche «salaire contre performance» en accordant aux participants une prime de 4.000 dollars (environ 3.200 euros) dès le départ et en les informant qu’il leur faudrait rendre tout ou partie de l’argent si leurs élèves ne parvenaient pas à remplir les objectifs de résultats fixés.
Cette méthode profite du fait que la plupart des gens travaillent davantage quand il s’agit d’éviter de perdre de l’argent plutôt que d’en gagner plus –c’est l’«aversion de la perte». Une idée développée en premier par les psychologues de renom Daniel Kahneman et Amos Tversky. Ces tests laissent penser que l’aversion de la perte est extrêmement motivante, suffisamment pour transformer un mauvais prof en enseignant moyen, ou pour obtenir d’excellents résultats d’un élément jusqu’ici simplement correct.
Ces deux études –celle de la critique raisonnable et celle de la prime perdable– sont prometteuses mais préliminaires. Beaucoup de choses peuvent se passer si on tente de généraliser à la nation entière de si petits tests. Mais c’est exactement le genre d’expériences, fondées sur des idées pertinentes, qui peuvent aider l’Amérique à offrir de meilleurs professeurs à ses élèves. Et peut-être rapprocher un peu les deux camps qui s’affrontent dans ce débat sur l’éducation.




Source mentionnée dans le texte:

http://www.slate.fr/story/61249/fabriquer-meilleurs-profs-education 

7 commentaires:

  1. Partage a 1000%... Avant de reformer/changer.. il faut d'abord savoir ce que l'on veut.. repenser et definir un modele d'avenir...puis faire des programmes... autre point a rajouter est la problematique de la Langue.. Nous devons choisir une langue et multiplier les efforts pour "produire" et construire une "societe" sur la base d'un referrant commun.

    Allah ysser lina!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Exactement...Construire des ''têtes bien faites'' ça ne se fait pas en un claquement de doigts

      Supprimer
    2. Il est difficile d'établir une liste exhaustive, car tout système d'enseignement possède en son sein des lacunes et carences et demeure généralement perfectible. Mais nous pouvons dégager 3 axes:
      1. Au niveau des professeurs
      - Absentéisme, prétexte pour donner des cours dans le privé
      - Grèves fréquentes
      - Manque de sérieux et d'éthique de certains professeurs
      - Manque de motivation
      2. Au niveau des structures d'accueil
      - Décalage des notes du contrôle continu chez les écoles privées
      - Insuffisance majeure au niveau du nombre d'écoles post-bac
      - Manque d'encadrement des élèves, drogues, et délinquance
      3. Au niveau des programmes
      - Décalage linguistique à l'arrivée à l'université
      - Trop centrés sur l'apprentissage/récitation plutôt que la créativité, l'innovation, l'entrepreneuriat et la méritocratie
      - Présence hypertrophiée de matières et filières littéraires et certaines économiques et scientifiques aux faible débouchés
      - Manque de recherche et développement
      4. Au niveau de la vision
      - Focalisation sur le modèle français, en déclin
      - L'éducation est trop politisée
      - Manque d'inspiration des best-practices
      - Insuffisance flagrante au niveau des salaires
      - Manque d'instruction civique et éthique


      Les établissements d'excellence, qui doivent pouvoir concurrencer les meilleures écoles privées et offrir aux élèves de tous les milieux la possibilité d'accéder à l’ascenseur social


      Après avoir diagnostiqué en détail les carences du système, il existe de nombreuses pistes et propositions pour traiter chacune de ces carences qui nécessiterait des pages d'étude et de conclusions que je pourrais développer si nécessaire (dépolitiser, professionnaliser, cadrage public-privé, benchmark scandinave, rôle des crèches, des parents, partenariats inter-écoles, jumelages, formations à l'étranger, évaluation des directeurs sur objectifs, réforme du système de choix des professeurs, implication parentale, révision du système de vacances, pédagogie active, rentabilisation optimale des locaux, ingénierie pédagogique renforcée...j'en passe et des meilleures)
      L'axe principal qui faut travailler c'est de faire en sorte que notre système éducatif produise des têtes bien faites plutôt que des têtes bien pleines, des jeunes professionnels dynamiques, sérieux innovants et motivés plutôt que des personnes qui attendent d'être embauchés dans la fonction publique afin de bénéficier des pots de vin et autres avantages sociaux...bref, il y a beaucoup de travail, je vous souhaite vraiment bon courage pour cette noble mission!

      Supprimer
    3. Très bonne analyse du système… Je souligne que l’amélioration du système éducatif passe aussi par celle du corps administratif (au niveau central, régional et provincial).. La formation dont vous avez parlée devra toucher ces Hommes qui ont souvent de hauts diplômes mais en inadéquation complète avec les postes qu’ils occupent, et n’arrivent donc toujours pas à faire bénéficier le ministère de leurs compétences !
      L’administration a besoin de gestionnaires qui arrivent à appréhender la nature du système, trouver des solutions raisonnables, tracer une feuille de route à même de permettre à ce ministère de réaliser les objectifs qui lui sont assignés en termes d’éducation, de formation, d’orientation,… et non, se concentrer sur des objectifs beaucoup plus quantitatifs : le nombre de projets de construction, de réhabilitation et aménagement,…qui absorbent au ministère des efforts colossaux au détriment de la réelle mission qui lui est attribuée par essence !
      Le ministère a besoin de la première personne que vous avez citée « 1-Soit par un homme digne de confiance qui a l'expertise et la crédibilité nécessaire … » Un profil requis pas uniquement au Ministre mais à toute personne qui s’engage dans un tel ministère !

      Supprimer
  2. Sans parler de l'étouffement qui est subi par les auteurs d'idées géniales, comme moul tiyara. Il vient de décrocher un contrat à l'étranger. Le nôtres, eux, se contentent de l’interpeller.
    Non seulement on ne crée pas le cadre pour favoriser l'émergence de l'innovation, mais en plus, on tacle ceux qui osent innover...

    RépondreSupprimer
  3. «Les écarts criards entre les villes et le milieu rural et entre les régions et les couches sociales sont inadmissibles. Il faut respecter le droit à l'égalité et à l'égalité des chances entre les citoyens»

    RépondreSupprimer