Depuis l'avènement des monnaies s'appuyant sur les matières premières, l'idée que la valeur était relativement et généralement protégée par la monnaie retenue n'était que très peu discutable.
Un marchand qui retiendrait son épargne dans un stock de blé, de sel ou d'or n'avait à se soucier que de la sécurité de son stock, pas de sa valeur, sauf crises exceptionnelles (découverte des amériques, guerre, épidémies...). L'or était à peu près stable dans le long terme, et le sel ou le blé se conservaient de manière assez bonne pour garder leur utilité intrinsèque quelques années plus tard. La valeur d'usage ou d'échange restait protégée.
Avec le progrès technique, l'humanité a commencé à goûter au luxe de la déflation, c'est à dire la baisse durable et généralisée des prix, somme tout, assez naturelle du fait des gains de productivité cumulatifs (j'entends presque déjà en bruit de fond ceux qui ont étudié l'économie se sentir horrifiés de la déflation, qui pour eux signifie toutes les horreurs économiques possibles et autres mythes...).
Chacun voyait donc son épargne (rare) prendre de la valeur avec le temps, qu'elle soit mobilière ou immobilière.
Sauf que, entre-temps, les banquiers sont passés par là, et ont arraché à l'humanité ce luxe. Après tout, pourquoi laisser les gens profiter de leur épargne qui grandirait seule naturellement, alors qu'on peut les saigner à blanc et les obliger à travailler deux fois plus pour conserver le même pouvoir d'achat sur 30 ans ?
Ils travailleraient la moitié de leur temps pour eux, et l'autre moitié pour l'Etat et l'inflation structurelle (les banquiers donc, car on ne parle pas ici de l'inflation exogène non provoquée).
En prenant possession de ce bien commun (et je ne dis pas public, attention, je pèse mes mots), les banquiers qui connaissent bien l'effet cantillon, ont pris de court l'humanité, et dépossédé les travailleurs des gains de productivité.
En généralisant la monnaie papier centralisée, scripturale, controlable et étatisée, créée par de simples promesses de remboursement cachetées par les banques, les banquiers ont trouvé la pirouette du siècle, à savoir faire travailler l'humanité à temps partiel pour eux. Au lieu de laisser les travailleurs profiter de leurs gains de productivité, pour avoir davantage de production en face de la monnaie existante, et donc voir la valeur de son salaire et son épargne augmenter avec le temps, les travailleurs voient aujourd'hui leur pouvoir d'achat et leur épargne baisser d'année en année, au profit des banquiers.
Les banquiers ont ramené les gains de productivité dans le giron de leurs actifs cumulatifs grâce d'une part aux intérêts bancaires (celle là, c'était la pirouette du millénaire précédent qu'ils ont réussi à légaliser, mais elle ne leur suffisait pas) et d'autre part à la création monétaire avec l'inflation.
Au final, au lieu de voir son épargne déjà acquise à la sueur de son front prendre de la valeur grâce au progrès technique, aux gains de productivité de toute l'humanité, on voir son épargne perdre chaque année quelques %.
Reflexe intuitif du commun des mortels : consommer immédiatement, au risque de perdre du pouvoir d'achat l'an prochain.
Corrolaire immédiat ?
Quand on ne sait pas consommer, on achète de l'immobilier, ce qui fait flamber les prix davantage. Ainsi, au lieu d'avoir un fonctionnement naturel où la monnaie est une réserve de valeur de long terme, les banquiers ont obligé les gens à transférer illogiquement une partie de la demande pour motif de précaution de la monnaie elle-même à l'immobilier, augmentant inutilement la rareté dans un marché pourtant essentiel pour les familles.
Sans réappropriation de la monnaie par l'humanité, cette dernière continuera à être esclave à temps partiel au service de toutes les strates de la société et de la bureaucratie qui l'ont dépossédé de cette souveraineté monétaire, et qui en profitent allègrement, alors que les travailleurs se demandent chaque jour pourquoi il faut travailler plus pour juste garder son pouvoir d'achat, alors même que les prix des biens sont censés diminuer du fait de l'accumulation de gains de productivité (soins médicaux). En ce sens, une monnaie à offre finie (or, argent, bitcoin, kilowatt...), non manipulable par les états et encore moins par les banquiers, constitue le cauchemar des banquiers, de la bureaucratie et de toutes les composantes de l'économie qui souhaitent maximiser, chaque année, inutilement, et à leur service, la consommation futile de biens et de services. Cette caste monétaire "cantiollonne", ne lâchera pas facilement ce privilège de pouvoir faire travailler les autres pour elle, en ponctionnant en coulisse une partie de leur productivité.
Tant que le commun des mortels n'a pas ouvert les yeux face au subterfuge, les banquiers ont encore de beaux jours devant eux ici-bas, en attendant le châtiment de l'au-delà.






